Plate-forme d’avertissement et de conseils pour les principales maladies cryptogamiques et les principaux ravageurs en grandes cultures au Luxembourg : SENTINELLE

Par Moussa El Jarroudi, chercheur
Courriel : meljarroudi@ulg.ac.be

Dans le domaine de la protection des céréales contre les maladies cryptogamiques, le Centre de Recherches Publiques Gabriel Lippmann (CRP-GL) en collaboration avec l’Université de Liège est continuellement à la recherche d’améliorations et de nouvelles solutions. De nombreux pathogènes peuvent être détectés dans une culture de blé, mais tous n’ont pas la même importance. Cela dépend du contexte agro-climatique. L’évaluation sanitaire d’un champ n’est donc pertinente que si elle est interprétée de manière critique. Certaines maladies comme la septoriose, l’oïdium sont communément détectables dans les champs de blé. C’est la hauteur des lésions dans le couvert végétal qui indique les risques encourus par la culture. D’autres maladies doivent par contre inciter à la vigilance dès leur détection. C’est principalement le cas pour les rouilles. Enfin, pour des maladies telles que les fusarioses sur épis, lorsqu’on peut détecter les symptômes il est trop tard pour réagir. La protection des plantes requiert des améliorations constantes notamment parce que les maladies fongiques évoluent sans cesse. Un des multiples volets des essais démonstratifs mis en place depuis 2003 au Grand-Duché du Luxembourg porte sur la mise en évidence, en culture de blé, des différences d’efficacité d’un traitement fongicide unique réalisé à chaque stade du blé en comparaison avec un double et triple traitement. Les améliorations dans le domaine de la protection des céréales peuvent prendre différentes formes. On pense en premier lieu à de nouvelles substances actives, mais le progrès peut aussi venir de nouvelles combinaisons de produits et de la connaissance des forces et faiblesses des variétés face aux maladies des feuilles et des épis ; des caractéristiques qui valent la peine d’être prises en considération lorsque se pose le choix de la stratégie à mettre en œuvre pour protéger les cultures. Le suivi des maladies des feuilles et des épis a été réalisé à partir des observations effectuées dans le réseau d’essai que réalise annuellement le CRP-GL et l’Université de Liège en collaboration avec le Lycée Technique Agricole et la chambre d’Agriculture. Quatre localisations ont été prises en compte : Everlange (District de Luxembourg), Reuler (District de Diekirch), Burmerange et Christnach (District de Grevenmacher). Dans chacun de ces essais, la présence de la maladie a été évaluée à partir d’un système de cotation tenant compte de l’intensité du développement des maladies et de la surface verte mais également des étages de végétation sur lesquels elles sont présentes.
La question des fongicides et de leur application est très complexe. Le coût d’un traitement avec des produits modernes est évalué au Grand-Duché de Luxembourg à 98 €/ha et exige un gain de production de l’ordre de 739 kg/ha (prix de blé : 0.26 €/kg) pour être rentable. Il est clair que les producteurs du blé et les agriculteurs sont confrontés à de nombreuses contraintes :
L’apparition et la généralisation, ces dernières années, de la résistance de S. tritici aux strobilurines a nécessité l’utilisation d’une triazole spéciale pour remédier à ce problème. En outre, le déroulement de la saison 2007 vient confirmer qu’on ne gère pas la septoriose de la même manière que la rouille brune et inversément ;
L’apparition de la fusariose des épis, très difficile à combattre avec l’arsenal fongicide disponible à ce jour. Les situations les plus propices au développement de cette maladie, lorsque les conditions sont humides à la floraison, sont les blés sur maïs non labourés.

Devant cette nécessité et dans un souci d’action, ce projet financé par l’ASTA apporte un soutien considérable aux agriculteurs pour les aider à mieux gérer leur culture au cours de la saison. Cependant, le développement de nombreuses maladies cryptogamiques entre 2000 et 2010 a permis de développer des modules spécifiques à chaque maladie qui ont été annexé à la plate-forme PROCULTURE qui simule la septoriose (http://apsjournals.apsnet.org/doi/pdf/10.1094/PDIS-93-10-0983).